L'été de Chloé Sillières : partie 1.
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L'été de Chloé Sillières : partie 1.

La rééduc de notre petite championne tire à sa fin...
Texte Chloé Sillières
Photos Chloé Sillières
Texte Chloé Sillières
Photos Chloé Sillières
La rééduc de notre petite championne tire à sa fin...

Introduction...

L'hiver denier, notre jeune et talentueuse Chloé Sillières nationale s'est malencontreusement blessée lors d'une des étapes du circuit des Coupes du Monde. Comme un moellon qui vous tombe sur un orteil, le verdict de sa blessure l'a alors abattue : rupture des ligaments croisés et fracture du ménisque. Un coup dur pour la jeune Pyrénéenne qui rêvait encore de compétitions, de big airs, de tricks à replaquer et de slashs dans la pow...

Nous avons alors commencé à suivre son parcours du combattant, de son trip aux US avant l'opération jusqu'au début de la rééducation nous avons suivi toute l'évolution du genou de Chloé dans la série baptisée : Les Malheurs de Chloé.

Mais ne parlons plus de malheurs, c'est encore l'été et chaleur rime avec bonheur. Son été, Chloé l'a passé non pas à surfer, mais à se rééduquer. Et pour ça, quoi de mieux que des bonnes vieilles randos, du yoga et le CERS de Capbreton ?

Allez, on se tait, et on écoute Chloé maintenant. 

Pour les articles précédents, voici le menu :

Épisode 1 : l'acceptation.
Épisode 2 : le Lengendary Banked Slalom.
Épisode 3 : l'opération.
Épisode 4 : avant de poser le pied.
Épisode 5 : la marche.
Épisode 6 : spring-break à Kitzsteinhorn.
Épisode 7 : le début de la rééducation.

6 mois à ne faire que de la méditation, ça n'est pas une partie de plaisir.

Chloé Sillières

Juin

13 Juin 2017.

Ca y est c’est le jour J ! Troisième rendez-vous post-opératoire … C’est l’heure de savoir si mon petit genou est prêt à reprendre le sport…

Roulement de tambours, j'effectue tout les tests… C’est bon j’ai le feux vert du chirurgien !! YOUHOU !

Pour l’instant je ne peux pas faire grand chose, puisqu’à cause de la suture méniscale je ne peux pas courir ou faire de bonds, mais c’est déjà un très bon début.

Pour la première semaine de reprise (après 6 mois sans faire de "vrais" sports), je commence doucement (mais sûrement). J'essaie de voir comment mon genou réagit face aux différents efforts : yoga, vélo, marche et natation au programme.

Le yoga c’est ma seconde passion. Je le pratique depuis maintenant trois ans, et ces longs six mois a juste pouvoir faire de la méditation, ce n'était pas une partie de plaisir. La pratique du yoga m’aide aussi bien en snow que dans la vie de tous les jours. Il m’aide à me recentrer sur ce qui est important, m’apporte un bon équilibre physique entre force et souplesse, et surtout, elle m’aide à me calmer, me canaliser. Je suis une personne très (peut être même trop) active, mais des fois mon corps a juste besoin de repos, et c’est dans ces moments là que le yoga m’aide le plus.


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Seconde semaine, je peux enfin mettre un peu plus d’intensité dans mes séances.

Petit tour au Mont Veyrier (au dessus du lac d'Annecy) avec une amie qui elle aussi est toute réparée du genou. C’est vraiment génial de pouvoir partager du temps avec des personnes qui connaissent la galère d’être athlète et blessé.

Ensuite, rando au Lac du Lou (Val Thorens), cette fois-ci avec ma petite soeur. Ce lac on le connait mieux enseveli par la neige ou en mode waterslide à la fin de l’hiver… Faute de l’avoir ridé cette saison, nous l’admirons en attendant les prochaines chutes de neige.

Pour la troisième semaine, je change totalement d’univers et me met en mode tour de France.

La marche c’est vraiment une activité que j’adore, découvrir la montagne, explorer… Le problème c’est qu’il faut descendre, et pour l’instant mon genou capricieux, ne veux tout simplement pas faire ce mouvement de descente. Alors j’essaye de trouver des techniques, pour quand même réussir à descendre à une allure plus ou moins normale, mais quand ma soeur propose de me porter pour rentrer du lac du Lou, je me dis que c’est pas trop ça... Alors pour remédier à cette difficulté, et bien je fais du vélo de route ! Appelez moi Froome (ou pas) !

Au niveau rééducation pure et dure, le plus gros travail de ce mois c’était la proprioception.

On commence le travail sur deux pieds pour doucement arriver à ne plus bosser que sur ma jambe de crevette.

La proprio c’est une des bases dans ma préparation physique. Trouver l’équilibre, jouer avec, savoir se situer dans l’espace… Il faut tout réapprendre, et il y (beaucoup) de boulot.

Malgré le fait que je n’ai plus de muscle, ma jambe réagit bien aux contraintes de la proprio, et les progrès viennent très vite. C'est encourageant !

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Au niveau rééducation pure et dure, le plus gros travail de ce mois c’était la proprioception.

On commence le travail sur deux pieds pour doucement arriver à ne plus bosser que sur ma jambe de crevette.

La proprio c’est une des bases dans ma préparation physique. Trouver l’équilibre, jouer avec, savoir se situer dans l’espace… Il faut tout réapprendre, et il y (beaucoup) de boulot.

Malgré le fait que je n’ai plus de muscle, ma jambe réagit bien aux contraintes de la proprio, et les progrès viennent très vite. C'est encourageant !

 

Une blessure peut ruiner la vie d’un sportif, ou au contraire la rendre encore plus intense. Et c’est dans ces moments là que l’on se rend compte qui sont les vrais « champions ».

Chloé Sillières

Juillet

Il est temps de prendre le chemin du Sud-Ouest et du CERS (Centre Européen de Rééducation du Sportif). Direction Capbreton !

De retour, donc, à la maison ! La dernière fois que je suis rentrée chez moi c’était en décembre. Autant vous dire que ça m’a fait un bien fou au moral de retrouver ma famille et mes ami(e)s ! Allez, c’est parti pour deux semaines intenses au CERS.

Au programme : reprendre la course à pied, prendre du muscle, et corriger mon flexum (je n’ai pas l’extension complète de la jambe). Vous l’aurez compris, il y a du boulot.

Une journée type au centre :

Début de la journée à 8h30

On attaque par la rééducation :

- renforcement
- travail sur le flexum
- proprio

Puis à 10h15 c’est l’heure de la préparation physique :

- abdos / gainage
- cardio
- musculation

Repos / Repas entre 12h et 14h, puis on recommence. Rééducation jusqu’à 15h, suivi par de la préparation physique.

Et on finit la journée en beauté par de la piscine / balnéothérapie.

Fin des journées à 17h. Et tout ça, pendant deux semaines. Autant vous dire que la reprise aura été costaud...

C’était une bonne expérience de pouvoir partager ces deux semaines avec des sportifs de haut niveau qui sont dans la même galère.

Une blessure peut ruiner la vie d’un sportif, ou au contraire la rendre encore plus intense. Et c’est dans ces moments là que l’on se rend compte qui sont les vrais « champions ». Je pense, avec beaucoup de recul, que si l’on veut être un grand dans son sport, la blessure est un passage obligatoire.

C’est là que l’on se rend compte si l’on est assez fort pour se battre malgré chaque difficulté.

Un des mes objectifs du CERS était de pouvoir reprendre la course à pied. Grâce à un travail chaque jour sur « l’Alter-G », une machine qui permet de courir sur un tapis, en ayant un certain pourcentage du corps soulevé, afin de reprendre la course sans aucune douleurs. Au bout des deux semaines, j’ai pu courir, et c’était vraiment chouette ! En général je n’aime pas trop courir, je préfère les randos ou le vélo, car j’ai pas mal de soucis au dos. Mais après quasiment 7 mois, depuis ma blessure, la sensation d’être libre et d’avoir un genou qui tient, ça efface toutes les mauvaises pensées du passé sur un sport !

Merci à Stéphane Ladoucette (kiné) et Jan (préparateur physique), pour ces deux semaines riches en émotions. Tout avance dans la bonne direction, mes muscles réagissent bien et commencent à pointer le bout de leur nez. Le flexum est encore présent mais est beaucoup moins important. Et surtout je peux courir et faire des bonds !

Suite à ces deux semaines de dur labeur, il est temps de prendre des vacances, et il n’y a rien de mieux pour se ressourcer que des vacances en famille à la maison. Comme je n’ai pas l’occasion d’aller aussi souvent que je l’aimerais dans les Pyrénées, à chaque fois que j’y suis, j’essaie d’en profiter au maximum ! Et depuis ma blessure, c’est la première fois que je passe une semaine sans penser à rien d’autre que me faire plaisir. Pas de boulot, pas de genou, seulement ma famille, et moi.

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