29 septembre 2009

Du lourd ! C'était en fin de saison dans les Pyrénées, une session de fou sur un kick de fou : El Burro. Avec Ben-TJ, Coincoin, Victor Daviet, Victor Delerue, Rémi Lamazouère, Ugo Maréchal et Matthieu Justafré. Gros portfolio, vidéo et article dans la suite !


On croyait que l'hiver était bel et bien fini et qu'on était bon pour glandouiller comme au temps du lycée lorsqu'on reçoit chacun un coup de fil de Julien Mata : "Putaingeu les gars venez dans les pyrénées j'ai construit un kicko de maladeu mental, avequeu l'élico y tout y tout, ça va êtreu de la boucheurie !"

Bingo ! Grâce à Rip Curl et Nike 6.0, nous nous retrouvons tous aux Angles, avec un soleil radieux, un air frais et des arbres morts partout à cause de la tempête qui avait frappé le sud-ouest. Julien a tout bien préparé avec Frenchkiss et El Burro, dans une combe isolée, n'attend plus que nous. Le local Hero Matt Justafré s'occupe de fignoler le shape, et c'est partit pour "la boucheurie". Franky Moissonnier, en bon team manager (6.0) montre à ses poulains ce que c'est que l'expérience et fait le crash-test alors que tout le monde se chie dessus. 3.6 back nickel, on va pouvoir y aller ! Mais le vent se lève, et il va falloir attendre le lendemain.

Nous nous promenons donc dans la vielle ville, charmante, et tombons sur LE vieux du village. L'ancien par excellence, qui sort de chez lui en bleu de travail et se fait appeler Pim. Ni une ni deux, il nous raconte toute sa vie, agrémentée de blagues de cul plus que surprenantes. Comme par exemple celle avec un mec qui va aux chiottes, un perroquet, un rasoir et du sang, mais on se souvient plus exactement dans quel ordre ! Il enchaine, sous les yeux ébahis de coincoin : "Ah moi vous savez, quand je vais aux toilettes, il me faut bien dix minutes pour la trouver, vous voyez !" Passons.

La nuit porte conseil, et fait monter la pression. Au départ du kicker, alors que tout est prêt pour shooter, c'est Ben T-J qui perd au Shifumi ! Il s'arme de courage et fait un saut droit qui dure, dure, dure... La parabole est parfaite, ça va tout défoncer ! La session s'engage, et petit à petit les riders apprennent à gérer la grosse compression juste devant le kick. Tandis-que chacun en est à tenter un cinkatback fébrile, Coincoin (qui avait testé le monstre en front7) nous sort un front10 de l'espace, plaqué tout en bas hyper-propre. Et BIIIMMMM ! Les autres prennent un bon coup de boost !

Puis l'Hélico arrive avec ses 2 heures de vol strictes. Julien se positionne à bord et invite un photographe par tranche d'une demi heure : Sami d'Onboard, Rémi Petit et moi-même. Bon les gars, maintenant, il va falloir plaquer ! C'est parti, et ça tricote sévère !

Il ne le sait pas encore, mais à cet instant précis Matthieu Justafré imprime un par un, sur le capteur photo-sensible de l'appareil photo de Sami qui se trouve dans l'Hélico, les pixels de la prochaine couv' d'Onboard.

Justaf' balance un back7 poppé dans les étoiles, dont on se souvient tous. Franky est le premier à tenter la compression en swich, et finit dans les boules à côté du landing (sans toutefois se faire très mal, allez savoir comment), refroidissant tout le monde pour ce qui est du swich.


Petite anecdote d'hélico. Pendant mon tour d'hélico, le pilote balance une maneuvre de dingue au ras des arbres qui nous met avec Julien à moitié face au vide, la porte grande ouverte. Alors que nous sommes reliés par micros, je lâche un "Woooo putaaaaiiiiiiin" pas franchement second degrès qui explose dans les casques. Le pauvre Julien qui ne m'a pas vu crier, a cru que c'était le pilote, normalement très serein, qui hurlait sa détresse alors qu'on rasait les sapins à moitié à l'envers ! Il a faillit nous claquer dans les doigts d'une crise cardiaque !

Dans l'Hélico c'est le rush total, le pilote manœuvre le plus vite possible pour gagner du temps, et Julien essaye de trouver des angles qui marchent bien. Avec sa camera à l'épaule et la mise au point manuelle, il se bat pour essayer d'avoir une image stable ! La vue est superbe, le décors fantastique, mais c'est avec l'œil constamment dans le viseur que nous voyons l'action se dérouler sous nos pieds.



Rémi Lamazouere apprécie lui aussi son temps de vol.

La journée est un grand kiff pour tout le monde, les riders se mettent des grosses sensass' dans le bide, les tricks sont plaqués, les image sont en boite... Que demander de plus ?

Ce soir là, alors que nous fêtons tout ça au réstau, nous voyons Pim débarquer au beau milieu du repas et, d'un coup, debout au milieu de la salle, entamer un chant d'une voix juste et puissante. Un vieux chant de la vielle France, celle qu'on a oublié depuis longtemps, et lorsqu'il termine la salle entière l'applaudit chaleureusement avec, avouons-le, émotion. Pas de doute, on est bien dans les Pyrénées :)

Notre petit séjour aux Angles se termine avec du shred dans ce qui reste du pipe, des barbeucs sympa avec les locaux, quelques spots marrants dans les arbres morts et du hip gelé de nuit pas facile à négocier, le tout dans le bon esprit du ride entre potes. Parfait. Merci El Matador ! On se rappelle encore des petites rues désertes et authentiques, des gens sympa partout, généreux... Des sessions pareilles, c'est quand tu veux pour la prochaine !



Texte et Photos > Jérôme Tanon.

Vidéo : Julien Mata, FrenchKiss Production.