Championnats de France Freestyle - Avoriaz
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Championnats de France Freestyle - Avoriaz

La FIS en route vers le changement ?
Texte Timothé Baisamy
Photos Juliette Lefevre
Texte Timothé Baisamy
Photos Juliette Lefevre
La FIS en route vers le changement ?

Coucou les loulous...

Le week-end dernier, 8 et 9 avril, fluofun était encore partout. Si une partie du team s'est rendue aux Arcs pour la John Doe Session (dont le report arrive très vite), un envoyé très spécial du nom de Tim Baisamy, était à Avoriaz afin de nous reporter ce qu'il s'est passé sur les championnats de France de Slopestyle et Big Air qui s'y déroulaient.

Voici son histoire. 

Intro

Ce weekend, une fois n’est pas coutume, Fluofun était à Avoriaz pour couvrir les Championnats de France Freestyle (un évènement Fédération Internationale de Ski). Oui FIS, ce gros mot que la moitié de nos lecteurs abhorrent. Mais qui fait - qu’on le veuille ou non - partie intégrante du snowboard de compétition; et dont les événements sont les meilleurs endroits où trouver les petits jeunes qui assurent la relève du snowboard. Relève portée par Sébastien Konijnenbeg, Lucile Lefèvre et consorts.

Ce weekend donc, motivé par ma main cassée qui ne me permettait pas d’y participer, nous avons décidé en accord avec Fluofun de couvrir la compétition, qui se déroulait en même temps que la John Doe. Un bon moyen pour mettre la lumière sur les jeunes français qui déchirent et qu’on ne connaît pas forcément.

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Cette année la compétition accueillait une petite révolution : le slopestyle s’est déroulé dans le Pipe Ground. Un module incroyable qui sort de terre neige depuis maintenant 3 ans sous l’impulsion de PVS et Thomas Barnier avec l’aide des shapers d’avoriaz snowzone.

Le fait de rider dans un module aussi technique a beaucoup été critiqué de tous les côtés en amont par rapport au fait de faire rider les petits (les plus jeunes qualifiables ont 14 ans) dans un environnement aussi gros et difficile. Au final c’était vraiment une bonne idée ! Comparé aux années précédentes le programme était donc un peu différent. Les trainings officiels étaient prévus le vendredi histoire de permettre un peu à tout le monde de maîtriser la bête.

Pour ma part (études obligent), je ne suis arrivé sur place que le vendredi et n’ai donc eu que des échos du déroulement de vendredi.

Visiblement tout le monde était content, heureux de rider un module aussi cool et si quelques frictions ont eu lieu entre les skieurs voulant profiter à fond de leur dernier jour sur le module et les tout jeunes s’arrêtant à certains endroit afin de repérer au mieux et choisir une ligne, les choses semblent globalement s’être bien passées.

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Paul Veron, malgré ses deux chutes était dans la lutte pour le podium et est définitivement l’un des riders français les plus stylés de notre génération.

Tim Baisamy

Le lendemain, début des trainings à 9h, et, alors que j’avais prévu de faire ouvreur pour rider avec les copains et suivre au plus près la compétition, l’absence d’un juge m’a forcé à le remplacer et revoir mes plans. C’est donc dans le rôle de juge officiel des filles que j’ai assisté à la compétition. L'occasion d'avoir une approche différente mais aussi intéressante, puisqu’au final sans rider on est tout de même au coeur de l’évènement. 

Dès les trainings les impressions de la veille se confirment. Titouan Bartet détruit littéralement le module avec deux lignes très techniques. Seb K est forcément toujours là prêt à en découdre avec des satellisations sur la dernière table, Yannick Boudjelal est toujours capable de faire des pirouettes de l’espace, Paul Veron, le local, (mon copain, fier représentant de TiPi_SB), mais aussi les deux Sacha (Moretti et Balicco), Mathéo Cuny, Nico Palladio, Etienne Monceau, Lucile Lefevre, Thalie Larochaix... semblent dompter au mieux la bête. Les autres ne sont pas en reste avec la surprise : Lucas Cornillat qui est en pôle espoir de boarder ou les jeunes du team PPF et les Pyrénéens.

Le format de course était de 3 runs pour tout le monde, les 2 meilleurs différents (lignes différentes) comptent. Comme je jugeais seulement les filles je n’ai pas pu suivre en intégralité tous les runs de tout le monde. Chez les filles, dès le premier run Lucile sort la carte de l’expérience et semble être au-dessus du lot, même si talonnée de près par Thalie. Les chutes de celle-ci sur ses tentatives de 36 sur ses deux runs suivants - malgré des airs monstrueux - vont la laisser hors du coup. Permettant à Lucile de gérer - avec des airs de poussin sur le premier hip - même si je dois dire que les underflips 54 en fin de run étaient tout simplement massifs.
Chez les garçons c’est Titouan et Seb qui se détachent très vite malgré une petite erreur de Titou sur le premier run qui l’empêche d’être sur le podium provisoire tout de suite. Lucas Cornillat, lui, déchire tout simplement le premier run mais n’arrivera pas à être aussi fou sur ses deux runs suivants pour se mêler à la lutte pour la victoire. Paul Veron et Sacha Moretti tombés au premier run remontent très très fort au second et paraissent aptes à se battre avec Lucas pour le podium. Malheureusement pour eux, un run un petit peu faible de Sacha et une absence de jambes de Paul pour plaquer son rodéoback monstrueux au dernier jump laisseront la voie libre à Lucas.

Podium filles :

1- Lucile Lefèvre
2- Noémie Equy
3- Margot Zoppi

Podium garçons : 

1- Titouan Bartet
2- Sebastien Konijnenberg
3- Lucas Cornillat

Félicitations : Tous les riders ont extrêmement bien ridé et ont réussi à apprivoiser un terrain pas forcément évident à rider. Chez les filles, Margot a vraiment fait plaisir à voir rider, malgré son retour de blessure (luxation du coude à la coupe d’Europe de Vars au début de l’année). Chez les garçons, si on attendait Seb et Titou au tournant, et peut-être dans une moindre mesure Enzo Valax, c’est Lucas qui a vraiment impressionné tout le monde, mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir halluciné sur les runs de Paul Veron qui malgré ses deux chutes était dans la lutte pour le podium et est définitivement l’un des riders français les plus stylés de notre génération.


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Le troisième run de slope de Paul Veron

Conclusion

Une compétition qui fait du bien au freestyle Français. Vraiment. Ma position de juge m’a permis d’être au plus près de tous les officiels français de la fédé (Luc Faye le DTN snowboard, François Olivier et Ralph Rostelan). Et ça faisait longtemps, très longtemps que je ne les avait pas vu avec un tel sourire sur un championnat de France. Un Dj a mis l’ambiance, les riders avaient le smile de rider quelque chose de différent, les juges n’ont pas été remis en cause et tout le monde a été d’accord avec notre verdict. Non le snowboard n’est pas mort, non le freestyle n’est pas mort, oui une relève française est entrain d’éclore. Et préparez vous car elle arrive très très très fort !

Le pipe semble être mort dans l'esprit de la Fédération Française de Ski.

Tim Baisamy

Partie 2 : le Big Air

Le deuxième jour c’était le big air au programme. Deuxième et dernière épreuve du freestyle (le pipe semblant être mort dans l’esprit de la fédération...) plus « conventionnelle » et classique. Lors des trainings de vendredi la table ne convenait pas au riders qui la jugeaient trop plate et pas assez popée, procurant ainsi un air time insuffisant. Dommage car on attendait bien un triple du Boubou (ndlr : Yannick Boudjelal) pour mettre la pression à Seb. Les shapers, attentifs aux remarques durant les trainings, ont donc encore fait du super boulot en rajoutant un peu de pop à cette table pour permettre un peu plus de spectacle qu’un show athletissima de saut en longueur.

Rebelote donc le dimanche, réveil encore un peu plus difficile, pour qu’au final le début des trainings soit repoussé à 9h45. Il n'y eût pas besoin de juge ce jour là et j’ai donc vraiment pu être présent au start avec les copains, aux photos avec Juliette (qui a fait la plupart des photos de cet article) et au park pour rider avec les autres entre les runs (habituellement la partie la plus fun des championnats de France).

Pour le big air, retour à un format un peu plus classique avec une qualif sur deux runs, le meilleur compte. 10 garçons en finales et 6 filles pour 3 runs où les 2 meilleurs différents comptent pour le classement final. 45 minutes de trainings soit environ 4 runs, un peu court pour se réhabituer à la table et poser ses tricks avant la qualif. Ce qui a entraîné une chute de pas mal des outsiders comme Mathéo Cuny, Thomas de Lavigerie, Sacha Balicco, Etienne Monceau, Paul Veron et d’autres. 

Avec une finale seulement disputée à 10, l’écrémage a été drastique et on s’attendait ainsi à un duel de gros bras notamment entre Seb K et Enzo Valax, avec Boubou qui pouvait s’intercaler et (d’autres aussi, sous réserve de sortir des gros runs) modifier un peu cette hiérarchie établie sur le papier. C’est d’ailleurs Nico Palladio qui gagne le premier run de qualif avec un fs 7 tail master of style comme il sait faire. Ce qui rassure d’ailleurs sur la présence du style dans un contest généralement basé sur les toupies et le spin-to-win.

Hiérarchie cependant rétablie au second run avec Enzo premier et Seb second. On notera dans cette finale une présence encore une fois du team PPF et des jeunes Pyrénéens représentés respectivement par Titou Bartet et Nathan Gray d'un côté, et Enzo Valax et Tom Venderotte de l'autre. Chez les filles le même petit groupe que la veille semble se détacher nettement, Lucile avec son expérience des coupes du monde est un cran au dessus, mais Noémie, Thalie et aussi Maisie Hill (une jeune anglaise du club d’Avoriaz) partent elles pour lutter pour les places restantes sur le podium.

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Chez les garçons Seb pose un bs double parfait, Enzo lui répond avec un gros cab 9 roastbeef et les deux vont se disputer la première place à coup de 10 et de switch 9. Derrière c’est notre Boubou national qui tire son épingle du jeu avec un bs double monstrueux plaqué bas de récep mais grabbé en japan/boots comme d’habitude ce qui lui coute probablement les points nécessaires pour espérer mieux, et un cab 10 où les mains posées font redescendre un peu l’euphorie.

Chez les filles, Lucile avec un bs 5 et un cab 5 se dirige gentiment vers la victoire et ne laisse que les deux places suivantes du podium à ses concurrentes et c’est Thalie Larochaix avec des gros 3 de derrière les fagots mais aussi Maisie avec un backflip sur la petite table qui réussissent à accrocher le podium.

Podium filles :

1- Lucile Lefèvre
2- Thalie Larochaix
3- Maisie Hill

Podium garçons :

1- Enzo Valax
2- Sébastien Konijnenberg
3- Yannick Boudjelal

Verdict : Après l’euphorie de la veille, nous sommes revenus à un format et une compétition plus traditionnelle laissant la bonne humeur de la veille faire place à plus de tension et de pression pour les riders.
Est-ce que je l’ai plus remarqué parce que j’étais plus proche d’eux comparé à la veille ? En tout cas, malgré quelques réclamation par rapport à des idées divergentes sur les jugements les choses se sont de nouveau bien passées. Les riders étaient de nouveau contents, de nouveau présents et quoi qu’il arrive, c’est ça l’important. Ce qui en ressort c’est qu’encore une fois, peu importe le type d’évènement, peu importe l’organisation les riders seront toujours là à représenter et défendre ce fameux esprit du snowboard que nous aimons tous et qui nous fait vibrer. Merci à tous les riders pour ces France vraiment cool, félicitations aux shapers, félicitations au club d’Avoriaz et à mon papa et ma maman qui ont presque tout fait tout seuls pour faire tenir ces championnats de France. Et merci à Thomas Barnier pour ce module incroyable.

À l’année prochaine !

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Non le snowboard n’est pas mort, non le freestyle n’est pas mort et oui une relève française est entrain d’éclore !

Tim Baisamy

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