Rencontre avec Marion Haerty, Championne du Monde de Freeride 2017.
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Rencontre avec Marion Haerty, Championne du Monde de Freeride 2017.

La princesse est devenue reine !
Texte Thaïs Rivière
Photos Sarah Pinton
Texte Thaïs Rivière
Photos Sarah Pinton
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Le petit chamois de Chamrousse

Marion Haerty, connue sous de nombreux surnoms (chaton, petit chat, Princesse de Chamrousse, Marion la Caf...) fut couronnée hier midi du titre de Championne du Monde de Freeride 2017. Cette victoire elle la doit à une superbe saison sur le Freeride World Tour où elle a su faire preuve d'engagement et montrer ce qu'elle valait (de l'or donc). 

Un titre aussi important pour seulement sa seconde année sur le Tour... c'est fou ! Nous étions sur place pour assister à l'événement en live, et nous avons pu lui poser quelques questions... en attendant, voici le run qu'a livré Marion à Verbier pour l'XTreme ce lundi 3 Avril.

Félicitations ! Alors, pour commencer peux tu nous dire ce que ça fait d'être Championne du Monde de Freeride ?

J’ai du mal à y croire en fait, parce que ça paraît assez irréel pour l’instant. J’ai l’impression que le Tour n’est pas encore terminé. Ça me procure une grande joie, de l’apaisement, et beaucoup d’émotions. Cette année était assez spéciale comme tu as pu le voir (ndlr : référence au moment émotion lors du podium, en hommage à Estelle Balet), c’est un peu dur de continuer de tour avec l’absence de quelqu’un qu’on aimait beaucoup. Du coup on s’est accrochés à plein de choses, à aimer la vie et continuer à kiffer et puis ça a marché.
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Les conditions météo et de neige n'ont pas été faciles cette année, quel a été le ressenti des compétiteurs du Tour là dessus ?

C’était assez compliqué, on a eu beaucoup de périodes d’attente, de compétitions décalées, j’ai l’impression d’avoir passé l’hiver à attendre que les compets se fassent et du coup c’était un peu frustrant car quand tu es en attente tu ne peux pas rider à 200%. Tu essaies de te garder pour la compet du coup c’était un peu particulier cette année. Il fallait réussir à garder son énergie pour le jour J et réussir à manager tout ça. Ce n’était pas évident mais le staff du World Tour s'est bien débrouillé pour bien organiser les étapes correctement.
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Comment réussis-tu à gérer la pression sur les compétitions ? On sent qu'il y a eu un travail à ce niveau là entre la première étape (Andorre) et la seconde (Chamonix en Andorre).

Pour rien vous cacher j’avais un préparateur mental avec qui je bosse depuis cet été. Du coup on a réussi à mettre des choses en place, surtout sur la seconde étape, et à canaliser les émotions/les énergies au bon moment et j’ai vachement appris sur moi même, sur la gestion de mes émotions.
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On s'est accrochés à plein de choses, à aimer la vie et continuer à kiffer, et puis ça a marché.

Marion Haerty

La face a changé, cette année vous êtes parties à gauche (point de vue spectateur) avant c’était de l’autre côté. Quel côté as-tu préféré rider ?

C’est tout aussi raide d'un côté que de l’autre. Nous étions vraiment contentes de pouvoir partir au milieu du Bec des Rosses puisque les filles partent sur l’épaule droite normalement (point de vue rider). On a fait des couloirs que des garçons ont déjà ridé, du coup on était assez contentes de pouvoir être au même niveau qu'eux.
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4 podiums (5 en contant le titre de chamionne du monde) pour ta seconde année sur le tour c’est top ! Tu as déménagé en début d’année à Chamonix, est-ce que ça t’a aidé ? Qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Ça m’a apporté pas mal de choses sur le plan sécurité et comment rider de la pente raide. J’ai eu de la chance d’être avec une coloc qui est vachement là dedans, dans les compétitions d’escalade, qui s’y connaît énormément en terme de sécurité en montagne. Elle a vachement été là pour moi, elle m’a beaucoup conseillée et rassurée, parce que j’ai eu du mal à me remettre sur la board en début de saison. Je suis vraiment tombée amoureuse de Chamonix, pour ses montagnes, pour ce qu’il y a à faire. Il y a un terrain de jeu immense, c’est Disneyland !
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Quelle étape du Tour t’as le plus marquée et pourquoi ?

L’étape qui m’a le plus marquée… et bien aujourd’hui. Par le titre de Léo, par les émotions qui se dégagent d’une saison où on a essayé de rester forts, d’oublier toute la tristesse, et puis le fait d’arriver là. D’avoir le titre de Championne du Monde. Je vais pas vous cacher qu’en slopestyle c’était assez dur. Je me suis vachement amusée je ne dit pas le contraire, mais de pouvoir trouver ma place et de m’amuser comme je l’ai toujours voulu c’est trop bien !
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Quand tu es en montagne, t’es avec tes potes, t’es là, tu partages, c’est intense.

Marion Haerty

Y a t-il une compétition entre les athlètes sur le Tour ?

Pas spécialement. La compétition est vraiment entre toi et la montagne. Après on se met chacune dans notre bulle avant la compétition ce qui est totalement normal, tout le monde fait ça. Mais je ne vois pas les autres comme des rivales, au contraire. On s’entraide et tout le monde essaie de faire au maximum de ses capacités.

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Que penses-tu de la scène féminine freeride ?

Ce serait cool qu’il y ait plus de nanas ! Je suis sûre qu’il y en a plein qui s’amuseraient à fond, et oui, il faut venir ici ! Même s’il n’y a pas de fédération derrière on s’amuse tout autant, venez vous éclater en freeride il y a une pure ambiance, c'est vraiment une famille, tout le monde kiffe être là et je sais pas comment décrire ça, mais c’est vraiment intense ce qu’on vit. Et puis quand tu es en montagne, t’es avec tes potes, t’es là, tu partages, c’est intense.
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Est-ce que tu t’es déjà fait peur au point de douter de toi ? De ta pratique ?

Je me suis fait déjà quelques frayeurs en montagne. Deux petites bricoles, rien de très grave et je touche du bois pour qu’il ne m’arrive rien qui me fasse douter de ce que je fais.

L’accident d’Estelle m’a fait énormément douter. Ça a touché énormément ma famille, mes proches ils se sont rendus compte de la dimension des risques qu’on prenait et ils ont eu très peur que je reprenne le snow. Je vais vraiment essayer de faire en sorte de pas prendre de risque, pour eux, pour pas qu’ils vivent quelque chose de triste. Si j’habite à Chamonix c’est justement pour me former là dedans, après le risque 0 n’existe pas, mais si je peux minimiser les risques c’est pas mal.

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Et bien nous arrivons à la fin... Merci beaucoup pour ton temps ! Aurais-tu un message particulier à transmettre, des remerciements ?

Ouais des remerciements il y en a beaucoup ! Pour arriver à être championne du monde t’es pas toute seule, il y a du monde derrière. J’ai pas assez de doigts pour les compter mais il y a énormément de gens derrière que ce soit au niveau médical, physique, mental que j’aurais envie de remercier, ils savent qui ils sont donc voilà : merci !
Et sinon... kiffez la vie !
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