C'est parti pour une petite semaine en Allemagne (oui!) chez Elias Elhardt avec Victor Delerue et Janne Lipsanen, accompagné d'un portfolio taille XXL.

1. Le Bulldozer des bois de Bavière.

Après avoir traversé moult villages authentiques de germanisme dans les collines de Bavière, les riders arrivent enfin chez Elias. Une petite route qui serpente dans la campagne et une grande baraque en bois pour nous accueillir. Une montagne solitaire complètement déserte, une seule remontée mécanique, et un domaine de forêt gavé de pow. Elias shred ce spot depuis qu'il est gamin, il connaît chaque arbre, chaque rocher, et nous fait découvrir ses runs préférés. On comprend mieux comment il en est arrivé à ce niveau : des pillows et des cliffs dans tous les sens ! Gavade ! Des runs de malade qui n'en finissent plus de nous donner le sourire, qui bientôt va geler sur nos tronches et rester là pour toujours. Impossible d'arriver à le suivre : ce mec est un bulldozer monté sur une fusée. Tenter de faire du followcam avec lui c'est juste du suicide. Il neige les deux premiers jours, nous restons donc dans les bois à profiter de la vie.

 

Janne, Victor, Elias.

   

  2. La cliff qui défiait la science.

C'est ainsi qu'Elias, ayant débusqué une grosse barre, demande à Olivier Pictet le cameraman dans quelle direction il vaut mieux qu'il aille.

_ Par là ?

_ Non c'est complètement flat !

_ Par ici alors ?

_ Flat aussi !

_ Ok, bon, je vais sauter alors, préparez vous, drop dans 10.

Et Elias qui se jette. Pour le reste du crew, aucun doute qu'il va se manger un genou dans la gueule et être défiguré, ou, au mieux, se mettre un énorme cratère et être sec pour trois jours. Rien de tout ça, il tweak son stalefish, tombe de tout son poids, arrive sur du PLAT, disparait sous la neige qui vole et en ressort en ollie comme si de rien n'était ! Mais merde mais c'est pas possible ça normalement en vrai ! Ce gars est un p*tain de mutant !

 

La cliff en question.

3. Le couché de soleil sur la mer de nuage.

Après trois jours dans les bois le ciel se dégage enfin et nous marchons une petite heure pour atteindre le vrai sommet. Derrière nous y découvrons un bowl parfaitement propice à faire du backcountry. Elias, Victor et Janne rident une windlip, puis un step down un peu plus loin et une grosse cliff pour Elias. Il fait grand beau, on est seuls au dessus d'une mer de nuages, y'a de la bonne poudre et des spots à rider : le paradis. Victor pose un de ses  front7 et Janne un swich back 5 d'école. Après avoir été une machine à contests, Janne Lipsanen a découvert le backcountry l'année dernière et déjà, de poser un swich back 5 comme ça naturel, c'est bien lui le plus heureux. Mais Elias n'est finalement pas indestructible : en front 5 sur sa grosse cliff, il tombe dans son trou précédent et se tasse le ménisque : il sera out pour plusieurs jours. Nous retournons au sommet en fin de journée pour y attendre, pendant des heures, le couché de soleil. Enfin, nous rebasculons dans la pénombre et entrons dans un refuge d'alpinistes pour y passer la nuit.

 

4. Le refuge, les bavarois et le dernier jour.

Dans le refuge, une cinquantaine de ski-randonneurs bavarois s'enfilent des litres de bière en rigolant et parlant fort : c'est bien ici ! Une bière et demie plus tard et la différence entre nous et les ski-randonneurs se fait de plus en plus ténue... On se raconte nos vies en réalisant la chance qu'on a d'être ici, avant de se coucher pour reprendre des forces. Réveil. La mer de nuage est montée, on est pris en plein dedans. Mais on y croit toujours et on repart à l'ascension du sommet.

 

En quittant le refuge.

Quasiment arrivés en haut, nous transperçons la brume alors que le soleil se lève, l'ambiance est magique. Elias est out, les autres trouvent un rocher qui forme un step-down et se mettent des gros vols pour finir en beauté. La mer de nuage monte et descend sur le landing pour jouer avec nos nerfs. Janne est à deux doigts de poser un swich back 7 qui nous vend tous du rêve : aaaaaarrrrrhhhhhhhh non ! Trop dommage, le trip se finit là dessus car il a mal au genou lui aussi. Il ne reste plus qu'à rentrer et prendre un petit bain dans le jacuzzi extérieur d'Elias.

      

Victor, fs 7.
  

Accueillis comme des rois, surpris voir émerveillés par la mini station d'Elias qui pourtant ne payait pas de mine, c'est encore un beau trip que le snowboard nous a offert là. Appreciate.

Texte et photos > Jérôme Tanon.

Images à retrouver cet automne dans la vidéo Rip Curl Welcome Home 2.