" Tout c’est passé comme prévu… Nous avons fait le rappel à 3 heures du
matin, grimpé jusqu’au col, descendu dans un endroit paumé, passés sous
de nombreux séracs, grimpé au dessus d’une demi douzaine de rimayes, et
juste après avoir passé la dernière barrière, alors que nous étions
près à planter les piolets dans le bas de la face, nous avons réalisé
que ça n’aurait pas lieu aujourd’hui…
Le problème était le vent, TOUJOURS LE VENT !!! Il avait soufflé sur toute la moitié supérieure de la ligne la gardant gelée, cela voulait dire que nous devrions rider de la neige dure avec une inclinaison de 50 degrés. La partie basse de la pente n’avait elle pas gelé et commençait à ramollir. Elle devait être ridé dans les deux heures suivantes… Nous ne pouvions donc pas attendre que le haut de la ligne se réchauffe …Il y avait seulement le sérac et la sortie du glacier qui compliquaient les choses…Nous voulions être sorti de cette zone avant 11 heures, avant que ça chauffe et que les montagnes ne fassent leur délestage quotidien…
Si nous étions allé plus haut, et que ça avait chauffé, nous aurions
du être secouru et hélitreuillé. Deux des trois personnes du groupe le
sentait bien, mais nous devions rester grouper, donc la décision était
prise de rebrousser chemin.
Le plus dur était que nous étions dans
un endroit le plus engagé où je ne suis jamais allé, et nos options de
rentrer à la maison saint et sauf étaient soit de passer sous les
nombreux séracs que nous avions passé à l’aller avant que le soleil ne
se lève, puis escaladé les deux faces désormais réchauffées qui nous
avions descendu, soit naviguer « en mode croisière » à travers la mer
de glace la plus effrayante que j’ai jamais vue…Nous avons opté pour le
glacier, espacés de trente mètres, et rapidement, mais méthodiquement,
nous sommes assurés et relayé pour parcourir la descente du bord du
glacier.
Tout c’est passé comme prévu et quelques heures après et une longue descente dans les rejets du glacier, nous sommes arrivés en ville. C’est toujours dur de faire demi-tour, mais c’est quelque chose que j’aime avoir l’habitude de faire si nécessaire. « Juste dire NON, ne pas avoir d’agenda, et écouter les montages » sont des choses que je me dis et redis dès que je vais en montagne. Rider des grosses lignes est très complexe ! Il y a 20 choses qui doivent être rassemblé, et aujourd’hui, il n’y en avait que 19, donc pas assez… C’est une grosse sensation et un d’entre nous ne le sentais pas aujourd’hui. Tu ne vas pas rider des lignes critiques si tu ressens de mauvaises sensations au fond de tes tripes…
Nous n’avons pas accompli notre objectif aujourd’hui, mais nous avons atteins notre but et c’est avant tout de rentrer sain et sauf chez soi… Une fois en ville, nous avons appris le décès de Karine RUBY sur un glacier pas si loin de celui où nous étions aujourd’hui. Plus de cent personnes par an laissent leur vie dans ces montagnes, la plupart sont des montagnards expérimentés suivants les protocoles de sécurité…Je suis un peu dégouté de ne pas avoir fait cette ligne, mais le trip dépasse toutes mes attentes… Les montagnes ne vont pas disparaitre et moi non plus… Je reviendrai tenter ma chance dans ce fabuleux terrain de jeu l’an prochain ! Vivre pour rider un autre jour ! "
Plus d’infos : www.jeremyjones.net
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Merci Ross et surtout aux auteurs Xav&Jeremy pour avoir diffusé ces billets passionnants.